Actions : un désintérêt surprenant

La crise financière a conduit les investisseurs, particuliers et professionnels, à privilégier la sécurité – c'est-à-dire la protection du capital –

La crise financière a conduit les investisseurs, particuliers et professionnels, à privilégier la sécurité – c'est-à-dire la protection du capital – à la rentabilité. Mais cette situation conduit désormais à des aberrations. Les rendements des actions des entreprises européennes sont supérieurs à ceux des emprunts d'Etat. Selon les indications fournies par Axa IM, le rendement attendu pour 2010 est en moyenne de 3,4% au Royaume-Uni, de 5,7% en Espagne, de 4% en France, de 3% en Allemagne et de 4,3% en Italie quand les taux des obligations d'Etat à 10 ans sont de respectivement 3,12%, 4,2%, 2,8%, 2,45% et 3,93%. Ajoutons que les placements en produits monétaires rapportent en moyenne 0,5% que l'inflation est à 1,9% en novembre dans la zone euro. En clair, les investisseurs préfèrent voir leur capital se réduire du fait de l'inflation ou toucher des coupons relativement modestes plutôt que de prendre des risques.

"Les taux d'intérêt sont trop bas. Cela ne durera pas", juge Christian Rabeau, directeur de la gestion d'Axa IM à Paris.

Cela étant, la prudence des investisseurs s'explique : ils se demandent quand la crise se terminera et la succession de secousses (dettes souveraines en Europe, endettement et assouplissement monétaire massif aux Etats-Unis) renforce cette prudence pour ne pas dire cette méfiance.

Pourtant, comme l'explique Christian Rabeau, on peut investir sans grand risque sur les actions si on prend la peine d'étudier chaque cas d'entreprise en privilégiant des critères comme l'efficience du management, la participation au développement des infrastructures, l'exposition aux zones émergentes et le leadership technologique.