France : l’horreur économique

La France peut-elle retrouver l’équilibre budgétaire et réduire sa dette publique ?

La France peut-elle retrouver l’équilibre budgétaire et réduire sa dette publique ? Afin de respecter les critères de Maastricht imposés pour la mise en place de la monnaie unique, le gouvernement s’y est engagé. Il prévoit de ramener les déficits publics à 3% du Produit intérieur brut (PIB) en 2013 contre 7,6% en 2009.

La Commission européenne n’y croit pas juge que les hypothèses de croissance retenues sont trop optimistes. Il faut plus pour décourager le ministre du Budget, François Baroin, qui a indiqué récemment qu’il voulait descendre à 2% en 2014 et qu’il visait l’équilibre budgétaire en 2016. Il n’a pas évoqué la dette, qui représentait l’an dernier 77,6% du PIB.

La société de gestion Convictions AM a mis au point un modèle dans lequel on peut différentes hypothèses. En se basant sur un scénario dit « volontariste », reposant notamment sur une croissance du PIB en valeur de 4%, des recettes de 4% également, des dépenses de seulement 2,5% avec une inflation de 2%, ses experts soulignent que le déficit budgétaire atteindrait encore 5% en 2013, 2,9% en 2016 et ne tomberait qu’à 1,5% en 2018. Dans le même temps, la dette continuerait de progresser pour atteindre un pic de 92,3% du PIB en 2016.

Dans un scénario « impossible » (croissance du PIB en valeur de 6,5% et des recettes du même ordre, hausse des dépenses de 4% et inflation à 4%), le solde budgétaire redeviendrait positif en 2016 (0,9% du PIB) et après avoir atteint un pic de 81,1% en 2011 la dette refluerait à 58,9% en 2018.

Bien entendu, le second scénario a peu de chances d’être retenu tant les efforts nécessaires seraient énormes. Il faut donc se contenter du premier. Mais, même dans ce cas, la France n’est plus en mesure de respecter les critères de Maastricht. La question qui se pose est donc de savoir s’il faut conserver ces critères en sachant que la deuxième économie de la zone euro ne peut plus les mettre en œuvre.