La mort des actions ?

En août 1979, le magazine américain BusinessWeek titrait en couverture "La mort des actions". Alors que les investisseurs se détournent de nouveau massivement de cette classe d'actifs, on peut se demander si les actions cotées ont encore un avenir.

Frédéric Buzaré, stratégiste actions de Dexia AM qui a sorti cette "une" de ses archives, reconnaît que l'environnement n'est pas favorable pour les actions, dont les multiples de valorisation sont actuellement inférieurs à la moyenne historique. Mais s'il se montre prudent, il estime qu'il y a des opportunités.

La crise de la dette des Etats pèse considérablement alors que les entreprises ont réussi à améliorer leur profitabilité depuis 2008. Mais les investisseurs se demandent si c'est pérenne, d'où leur méfiance.

"Le contexte macro économique est source de tensions et d’incertitudes car les déséquilibres doivent être résorbés. La réponse politique détient la clé de l’évolution des marchés actions. L’enjeu consiste à définir un nouvel équilibre économique conduisant à plus de stabilité. Ce processus de long terme est engagé mais reste inachevé", explique Frédéric Buzaré.

Il estime qu'il y a tout de même des thèmes d'investissement qui sont porteurs : les sociétés innovantes en Europe de l’Ouest (dans un monde à croissance limitée avec une composante politique de plus en plus importante les sociétés innovantes et entrepreneuriales devraient bénéficier d’une expansion de leurs multiples de valorisation; les valeurs internationales (sociétés qui sont souvent des valeurs de croissance et formeront le nouveau nifty fifty de la décennie qui commence) ; et l'accès aux ressources naturelles (les marchés émergents continueront à chercher des moyens d'assurer leur approvisionnement en énergie).

"Il est difficile de se départir d’une certaine prudence en cette fin d’année 2011. Les derniers mois ont été riches en enseignements. L’ampleur de la crise et sa vitesse de propagation a été collectivement sous estimée. L’aggravation de la crise est souvent malheureusement nécessaire afin d’obtenir des réponses décisives. Tout comme en 2011 cette séquence (amplification crise-réponse) pourrait continuer pour déboucher sur un nouveau régime économique finalement favorable aux marchés actions. Dans tous les cas on n’échappera pas à une année 2012 binaire tant en terme de style que de direction", souligne-t-il.