Risque majeur sur le « AAA »

En dépit des déclarations rassurantes de Standard & Poor's et de certains économistes proches du gouvernement, les investisseurs estiment toujours que la note de crédit "AAA" de la France est menacée en raison de la faiblesse de la croissance, de l'absence de réformes structurelles pour réduire les déficits et du fait des incertitudes politiques.

Le gouvernement a abaissé récemment sa prévision de croissance à 1,75% pour 2011 (contre 2%). Par ailleurs, comme l'a noté mardi Ibrahima Kobar, directeur de la gestion Taux chez Natixis Asset Management, le gouvernement tablait en décembre dernier sur un déficit budgétaire de 90 milliards d'euros pour 2011. Or, le déficit atteint déjà 87 milliards au mois de juillet.

"Il y a là un risque majeur pour le 'AAA' de la France", a-t-il dit lors d'une présentation de perspectives de marché.

Enfin, des investisseurs disent redouter les prochaines échéances électorales. Le basculement éventuel du Sénat à gauche à l'issue du renouvellement de fin septembre inquiète certains gérants qui estiment que le Parlement pourrait ainsi bloquer certaines mesures d'austérité nécessaires. Au-delà, l'élection présidentielle suscite des interrogations : s'il est réélu, Nicolas Sarkozy engagera-t-il enfin des réformes d'ampleur (son dernier plan pour réduire les déficits ne comprend qu'un milliard d'économies pour 10 milliards d'impôts nouveaux) ? S'il est battu, son successeur accordera-t-il la priorité à la réduction des déficits ?