« Test Tube Policy »

Le programme d’assouplissement monétaire (Quantitative Easing phase 2, QE2) lancé par la Réserve fédérale américaine et qui consiste à rachete

Le programme d’assouplissement monétaire (Quantitative Easing phase 2, QE2) lancé par la Réserve fédérale américaine et qui consiste à racheter jusqu’à 600 milliards de dollars d’actifs permettra-t-il de remettre l’économie de la première puissance mondiale sur les bons rails ? Les économistes sont toujours divisés. Et ce pour une bonne raison : rien de tel n’a été tenté jusqu’ici.

Comme l’explique Patrick Moonen, Stratégiste Actions Senior d’ING Investment Management, c’est un « Test Tube Policy » qui a lieu sous nos yeux. « C’est une phase expérimentale. Les banques centrales n’ont pas d’expérience pour lutter contre la déflation ».

Les instituts d’émission ont pour mission première de favoriser la stabilité des prix et donc de combattre l’inflation. Mais face à une déflation, c’est-à-dire une spirale qui tire les prix vers le bas alors que les agents économiques adoptent une attitude attentiste, ils manquent de moyens. La Banque du Japon (BoJ) a abaissé ses taux d’intérêt à zéro sans pouvoir sortir le pays d’une déflation qui dure depuis 15 ans.

La Fed aura-t-elle plus de succès ? Ben Bernanke, le président de la banque centrale américaine, a jugé en octobre que le risque de déflation était plus élevé que ce qui serait souhaitable. Et il a ajouté : « Un des inconvénients des achats d’actifs par rapport à la politique monétaire conventionnelle est que nous avons beaucoup moins d’expérience pour juger des effets économiques de cet instrument ».

Face à une telle situation, qui comporte des risques, face à un processus de désendettement qui est toujours en cours et face à des rendements obligataires sous pression, les experts d’ING IM notent que les entreprises, et donc les marchés d’actions, présentent des avantages : la croissance est positive même si elle demeure faible, les valorisations sont attractives et les entreprises disposent de liquidités abondantes (1.000 milliards de dollars dans les comptes des groupes du S&P 500 aux Etats-Unis). De quoi financer des rachats d’actions, des fusions et acquisitions et aussi des investissements.

Ils jugent donc que le S&P 500 pourrait atteindre 1.320 points fin 2011 contre 1.225 actuellement. L’indice pour les pays émergents (MSCI EM Free) devrait enregistrer une croissance plus importante (1.350 points contre 1.155 aujourd’hui).