Transition énergétique

Les événements dans le monde arabe et l’accident de la centrale nucléaire de Fukushima au Japon permettent de prendre conscience du vrai coût de l’énergie.

Selon Luciano Diana, gérant du fonds Pictet Clean Energy, la hausse de 20% du prix du pétrole depuis le début de l’année se traduit par un coût supplémentaire de 35 milliards de dollars pour la Chine et de 84 milliards pour les Etats-Unis, ces deux pays important entre 55% et 60% du pétrole qu’ils consomment.

La consommation mondiale d’énergie a triplé au cours des 40 dernières années et même si le rythme de progression s’estompe la croissance de la population et le développement des pays émergents soutiennent la demande.

A noter que selon les estimations présentées par Luciano Diana lors d’une conférence à Paris, les réserves mondiales de charbon représentent 119 ans, celles du pétrole 43 ans et celles du gaz naturel 63 ans. Mais il reconnaît que ces prévisions sont prendre avec prudence car de nouvelles sources peuvent être découvertes (voir le gaz de schiste aux Etats-Unis).

Dans le contexte d’une hausse des prix, les énergies qui limitent les émissions de car carbonique (CO2) seront favorisées, estime-t-il. Ainsi, l’hydraulique émet 4 grammes de CO2 par KWh, le nucléaire 7, l’éolien 10 mais le gaz naturel 336, le pétrole 714 et le charbon 857.

Suite aux événements dans le monde arabe et suite à Fukushima, la priorité se porte sur des centrales fonctionnant au gaz naturel. Quant aux énergies renouvelables, elles ne peuvent pas remplacer l’énergie nucléaire et ont besoin d’un soutien politique, en particulier pour les prix de rachat de l’électricité produite.

Luciano Diana estime enfin que compte tenu de l’augmentation des coûts du nucléaire, du pétrole et du gaz, des mesures en faveur de l’efficacité énergétique seront promues, que ce soit pour les ampoules LED (sachant que l’éclairage représente 25% de la consommation globale d’électricité) ou l’électrification des moyens de transport.