Varin s’alarme de la désindustrialisation

Industriel reconnu passé par Péchiney et Corus avant de prendre la présidence du directoire de PSA Peugeot Citroën, Philippe Varin veut faire du groupe automobile fran

Industriel reconnu passé par Péchiney et Corus avant de prendre la présidence du directoire de PSA Peugeot Citroën, Philippe Varin veut faire du groupe automobile français un acteur global de son secteur. C’est la raison pour laquelle il investit massivement en Chine et en Amérique latine en attendant l’Inde très prochainement.

Mais cela ne l’empêche pas de réfléchir à la situation de l’industrie en France et de proposer quelques idées. « La France laisse filer son industrie année après année sans s’en soucier outre mesure », vient-il de déplorer lors d’une rencontre organisée par l’Association des journalistes économiques et financiers (AJEF).

Ayant vécu au Royaume-Uni quand il dirigeait le sidérurgiste Corus, il souligne que quand une industrie part, comme ce fut le cas outre-Manche, elle ne revient pas. Or, l’industrie française représente encore 80% des dépenses en recherche et développement et 80% des exportations. Les activités de services ne peuvent pas prendre le relais.

Comment expliquer la désindustrialisation de la France ? Philippe Varin cite le coût du travail. Le coût horaire a augmenté de 33% entre 2000 et 2009 contre 21% en Allemagne, d’où une perte de compétitivité. Le coût de la protection sociale repose uniquement sur les salaires (d’où des salaires nets inférieurs en France par rapport à l’Allemagne) et cela n’a l’air de choquer grand monde.

Pour le président de PSA, transférer une partie des charges sociales sur la valeur ajoutée (la fameuse TVA sociale) offrirait une solution même si cela pèserait dans un premier temps sur la consommation.