Zone euro : quelle inflation ?

Le président de la Banque centrale européenne (BCE), Jean-Claude Trichet, a un nouvel argument pour justifier sa décision de relever les taux d'intérêt : le taux d'inflation annuel de la zone euro en mars ressort à 2,6% (estimation Eurostat) contre 2,4% en février et alors que les investisseurs tablaient sur 2,3%.

Cette hausse est liée essentiellement à l'augmentation des prix de l'énergie. En février, l'inflation sous-jacente (hors énergie et alimentation), était de 1% contre 1,1% en janvier. Elle est relativement stable depuis plus d'un an et demi (autour de 1%), ce qui signifie que l'envolée des cours de l'énergie et des autres matières premières ne s'est pas propagée à l'ensemble de l'économie.

Dans ces conditions, pourquoi relever les taux d'intérêt de la BCE alors que la reprise demeure molle dans la plupart des pays de la zone euro et que le chômage est très élevé ? La BCE rappelle que son mandat prévoit de veiller à la stabilité des prix globalement et pas seulement l'indice sous-jacent, l'inflation annuelle pouvant être proche mais inférieure à 2%. Notons qu'aux Etats-Unis, la Réserve fédérale utilise l'inflation sous-jacente pour le pilotage de sa politique monétaire.

Surtout, la BCE répond aux désirs de l'Allemagne, dont le PIB devrait croître d'environ 2,5% cette année avec un taux de chômage encore (7,1% en mars, soit le plus bas niveau depuis 1991, contre 7,3% en février).

L'autre objectif de la BCE est de paraître "prévisible" aux yeux des investisseurs. Toute la communication de l'institution est faite pour que les marchés financiers puissent avoir confiance dans le discours. C'est la raison pour laquelle Jean-Claude Trichet a prévenu depuis plusieurs semaines qu'il y aurait une hausse des taux ce printemps.